Comprendre

Comment fonctionne un ordinateur de plongée ?

Ce qu'il mesure, ce qu'il calcule et comment lire son écran, sans formule compliquée.

Publié le 5 octobre 2026•Temps de lecture : 7 min
Plongée sous-marine avec un ordinateur de plongée

Un ordinateur de plongée fait une chose que les tables de plongée ne savent pas faire : suivre votre plongée réelle, mètre par mètre et seconde par seconde, au lieu de la résumer à une profondeur maximale et une durée. Pour bien s'en servir, il n'est pas nécessaire de connaître les équations. Il suffit de comprendre ce qu'il mesure, ce qu'il en déduit, et ce qu'il ne peut pas savoir.

Ce que l'ordinateur mesure

Au cœur de l'appareil se trouve un capteur de pression. La pression augmente d'environ un bar tous les dix mètres d'eau : en la mesurant, l'ordinateur connaît votre profondeur. Une horloge lui donne le temps écoulé, et un capteur de température complète le relevé. Certains modèles ajoutent un compas numérique et, avec un émetteur sur le détendeur, la pression de la bouteille.

Ces mesures sont répétées toutes les quelques secondes et enregistrées : c'est le profil de plongée, que vous retrouvez ensuite dans le carnet de l'appareil ou dans l'application du fabricant.

Ce qu'il calcule : la saturation en azote

L'air que l'on respire contient près de 80 % d'azote. En profondeur, sous l'effet de la pression, cet azote se dissout dans le sang et les tissus. Plus on descend et plus on reste longtemps, plus la charge augmente. À la remontée, il doit s'éliminer progressivement ; remonter trop vite ou trop tôt expose à l'accident de décompression.

L'ordinateur ne mesure pas cet azote : il le modélise. Son algorithme représente le corps par une série de « compartiments » qui se chargent et se déchargent à des vitesses différentes, des tissus rapides comme le sang aux tissus lents. À chaque mesure de profondeur, il met à jour la charge de chaque compartiment et compare le résultat aux limites admises par son modèle.

Bühlmann, RGBM : les algorithmes

Deux grandes familles dominent. Le modèle Bühlmann ZHL-16C, utilisé notamment par Shearwater et Garmin, est public et se règle avec des facteurs de gradient. Les modèles RGBM, que l'on trouve chez Suunto ou Cressi dans des versions propres à chaque marque, intègrent en plus une prise en compte des microbulles. En plongée loisir, tous donnent des résultats sûrs ; ils diffèrent surtout par leur sévérité sur les plongées successives et les profils en dents de scie.

Lire l'écran pendant la plongée

Quelle que soit la marque, les mêmes informations reviennent :

Le bon réflexe : ne pas attendre que le temps sans palier tombe à zéro. Entamer la remontée avec quelques minutes de marge laisse de la place à l'imprévu.

Le palier de sécurité

À la fin de la plupart des plongées, l'ordinateur propose un palier de sécurité : un arrêt de quelques minutes entre 3 et 6 mètres, avec un compte à rebours. Il n'est pas obligatoire au sens du modèle, mais il fait partie des bonnes pratiques enseignées par tous les organismes.

Le mode Nitrox

Le Nitrox contient plus d'oxygène et donc moins d'azote que l'air. En réglant le pourcentage d'oxygène dans l'ordinateur, celui-ci recalcule la saturation : à profondeur égale, le temps sans palier s'allonge. En contrepartie, l'oxygène devient toxique au-delà d'une certaine pression partielle : l'ordinateur calcule donc la profondeur maximale d'utilisation (MOD) du mélange et déclenche une alarme si vous la dépassez.

Deux règles découlent de ce fonctionnement : analyser soi-même sa bouteille avant chaque plongée, et saisir dans l'ordinateur le pourcentage réellement mesuré. Un mélange mal renseigné fausse tous les calculs.

Après la plongée : désaturation et avion

Une fois en surface, l'ordinateur continue de travailler. Il suit l'élimination de l'azote pendant l'intervalle de surface et en tient compte pour la plongée suivante : c'est pour cela que la deuxième plongée de la journée offre moins de temps sans palier que la première. Il affiche aussi un temps de désaturation et un délai avant l'avion, à respecter avant un vol ou une montée en altitude.

C'est aussi la raison pour laquelle un ordinateur ne se prête pas entre deux plongées : il garde en mémoire la saturation de la personne qui le portait. Cette erreur et quatre autres sont détaillées dans 5 erreurs à éviter avec votre ordinateur de plongée.

Ce que l'ordinateur ne sait pas

Le modèle est le même pour tout le monde. Il ignore votre fatigue, votre hydratation, le froid, l'effort fourni au fond ou votre âge, autant de facteurs qui influencent la décompression. C'est le rôle du réglage de conservatisme : ajouter une marge quand les conditions sont moins favorables. L'ordinateur ne remplace pas non plus la planification, la surveillance du manomètre ni les règles apprises en formation ; il les complète.

Lexique de l'ordinateur de plongée

Temps sans palier (NDL)
Durée pendant laquelle vous pouvez rester à la profondeur actuelle et remonter sans palier obligatoire.
Palier de décompression
Arrêt obligatoire à une profondeur donnée pendant la remontée, pour laisser l'azote s'éliminer.
Palier de sécurité
Arrêt de précaution de quelques minutes près de la surface, conseillé même sans palier obligatoire.
Plafond
Profondeur au-dessus de laquelle il ne faut pas remonter tant que les paliers ne sont pas terminés.
TTS ou DTR
Durée totale de remontée : temps nécessaire pour rejoindre la surface, paliers compris.
Nitrox
Mélange enrichi en oxygène (plus de 21 %), qui réduit la part d'azote respirée.
PpO2
Pression partielle d'oxygène. Elle augmente avec la profondeur et fixe la limite d'un mélange.
MOD
Profondeur maximale d'utilisation d'un mélange, calculée à partir de la PpO2 maximale choisie.
Conservatisme
Marge de sécurité supplémentaire appliquée au calcul, réglable sur la plupart des ordinateurs.
Facteurs de gradient (GF)
Deux valeurs qui règlent la marge du modèle Bühlmann, au début et à la fin de la remontée.
Intervalle de surface
Temps passé en surface entre deux plongées, pris en compte pour la plongée suivante.
Mode profondimètre (gauge)
Affiche la profondeur et le temps sans aucun calcul de décompression.

Questions fréquentes

À quoi sert un ordinateur de plongée ?

Il mesure en continu la profondeur et le temps, calcule l'azote absorbé par l'organisme et indique combien de temps vous pouvez rester à la profondeur actuelle sans palier obligatoire. Si cette limite est dépassée, il affiche les paliers à respecter pendant la remontée.

Un ordinateur de plongée est-il obligatoire ?

Les règles dépendent du pays, de l'organisme de formation et du type de plongée. En France, le Code du sport demande aux plongeurs en autonomie d'être équipés pour contrôler les paramètres de la plongée et de la remontée ; dans la pratique, c'est le plus souvent un ordinateur qui remplit ce rôle. Renseignez-vous auprès de votre club ou de votre centre.

Pourquoi deux ordinateurs n'affichent-ils pas les mêmes paliers ?

Parce qu'ils n'utilisent pas forcément le même algorithme ni le même réglage de conservatisme, et parce que deux plongeurs n'ont jamais exactement le même profil. Dans une palanquée, on suit l'ordinateur le plus restrictif.

Que signifie NDL sur un ordinateur de plongée ?

NDL signifie « No Decompression Limit » : c'est le temps restant à la profondeur actuelle avant qu'un palier de décompression devienne obligatoire. En français, on parle de temps sans palier.

Un ordinateur de plongée fonctionne-t-il en apnée ?

Beaucoup de modèles proposent un mode apnée, qui affiche la profondeur, la durée de chaque immersion et le temps de récupération en surface. Ce mode ne calcule pas de décompression : il ne faut pas l'utiliser pour une plongée en bouteille.

Cet article explique des principes généraux et ne remplace ni votre formation, ni le manuel de votre ordinateur, ni les consignes de votre encadrant.

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